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Notes

1) « Pour la distribution, Rachel Ford recommandait un candidat acceptable, Moses Rothman, un ancien exécutif de United Artists dont l’efficacité en matière commerciale en imposait partout à Hollywood. Rothman fonda une compagnie discrètement baptisée Black Inc. Et avança six millions de dollars sur les cinquante pour cent des bénéfices qui devaient revenir à la Roy Export Company Establishment de Chaplin. Black Inc. Se fit la réputation d’avoir récupéré cette somme grâce au seul marché japonais. » d’après la biographie Chaplin de David Robinson, Ramsay Cinéma, 2002, p.398.

Infos

Association Chaplin
58 Rue Jean Jacques Rousseau
75001 Paris, France
tel +33 1 40 26 31 23
fax +33 1 42 36 42 90
www.charliechaplin.com
info@charliechaplin.com

Cinémathèque de Bologne
Cineteca Bologna
Via Riva di Reno, 72
I-40122 Bologne
Italie
Tel +39 051 204820
Fax +39 051 204821
www.cinetecadibologna.it

 


Made in Chaplin
Entretien avec Kate Guyonvarch de l’Association Chaplin
Réalisé à Cannes mai 2003

Qu’est-ce que l’Association Chaplin ?

L’Association Chaplin a été fondée en 1992 afin de protéger l’œuvre et le droit moral du travail cinématographique de Charles Chaplin par les enfants Chaplin.

Est-ce l’Association Chaplin qui est allé voir Marin Karmitz (MK2) afin de lui proposer le catalogue Chaplin en vue d’une réédition spécifique ? Comment se sont déroulées les étapes de ce travail d’envergure ?

Durant trente ans, c’est Moses Rothman , un distributeur canadien de la Columbia basé en Angleterre, qui s’occupait des films. Il avait été choisi par Charles Chaplin lui-même, il avait fait la ressortie des films dans les années soixante-dix entre autres. Les droits allaient jusqu’à fin 2001 et cela s’est su très vite que nous recherchions quelqu’un. Nous avions entrepris les démarches dans ce sens là, sans en faire de la publicité quand nous avons été contactés par MK2. Nous connaissions le groupe MK2 pour ses salles uniquement sans savoir exactement qui était Marin Karmitz. Il est arrivé et la première chose qu’il a dite c’était sa volonté de faire ressortir les films en salle, qu’ils sont faits pour le grand écran. Tout son discours était le discours idéal que nous avions déjà dans nos têtes durant ces recherches d’un distributeur. C’était fabuleux. Je me souviens lorsqu’il est parti, on se disait « ah !!! C’est génial » On jubilait. Bon ensuite il fallait en discuter avec la famille qui devait voter les questions importantes au sein de l’Association Chaplin, notre travail est de conseiller d’amener des informations de soumettre des propositions et ce sont les huit enfants Chaplin (Géraldine, Michael, Joséphine, Victoria, Eugène, Jane, Annette, Chistopher) qui décident. L’Association Chaplin est une association suisse créée après la mort de Lady Chaplin. C’est Roy Export qui détient les droits des films, l’Association Chaplin fait le lien entre tout mais tout est dans le même panier. On a du donc expliquer à la famille Chaplin dont certains ne résident pas en France qui était MK2. Cela a dépassé toutes nos espérances car c’est énorme ce qui a été fait.

La Cinémathèque de Bologne avec le Projet Chaplin (Progetto Chaplin) était-elle dès le départ associé avec MK2 ?

C’est une longue amitié que nous avons avec la Cinémathèque de Bologne. Chaque été, durant leur festival, ils font des projections des films de Chaplin avec un accompagnement musical d’un orchestre. Et une année, Gianluca Farinelli le responsable du festival me dit « mais c’est quoi là votre copie pas très nette ? » J’étais désolée de lui dire que c’était tout ce qu’on avait à lui proposer. Pour la projection avec orchestre de La ruée vers l’or, Kevin Brownlow et David Gill ont parcouru le monde entier et les archives pour retrouver les meilleurs éléments et c’était un budget énorme. Je lui dis que pour le Kid on va le faire ainsi avec moins de moyens et Gianlucca me dit qu’ils ont mieux à nous proposer, si cela nous intéresserait et que l’on regarde ensemble comment faire. C’est parti de là. Ils ont trouvé une copie nitrate du Kid dans leurs archives, en sachant très bien qu’ils l’avaient déjà ! (rires)
Petit à petit c’est devenu un projet plus important, Gianluca s’investissait pour la restauration des films, il avait trouvé un financement auprès d’une fondation bancaire à Bologne. Mais surtout, ce qui était important pour nous, c’est que la cinémathèque scannait toutes les archives. Il a pu mettre en place ce dispositif énorme où en permanence il y a 4 personnes qui scannent tous les documents Chaplin. Il y a quelques documents de ses jeunes années mais dès qu’il a eu ses propres studios Les Chaplin Studio en 1918, tout a été gardé. C’est fabuleux car j’ai l’impression que maintenant nous avons atteint notre but. Nous avons MK2, les merveilleux DVD faits avec un soin incroyable, la cinémathèque de Bologne qui archive. C’est fini !

A terme, les archives Chaplin seront-elles mises à la disposition des chercheurs et universitaires sans oublier les nombreux passionnés de l’œuvre Chaplin de part le monde ?

Oui absolument. Il y aura sur Internet le catalogue complet avec un descriptif de chaque document et dont certains sur lesquels on pourra cliquer pour les voir plus précisément. Ce sera géré par la Cinémathèque de Bologne. Pour ceux qui veulent plus de renseignements dans le cadre d’une recherche plus précise ils peuvent nous contacter à l’Association Chaplin, car il existe des documents très privés et fragiles, certes pas beaucoup, mais on ne veut pas les mettre à la disposition du public aussi librement. Tout le reste sera en libre usage à la bibliothèque de Bologne. A terme, nous devrions aussi entreprendre ce même travail avec les archives des Artistes Associés aux Etats-Unis (United Artists entreprise de distribution de films fut fondée en janvier 1919 par Charles Chaplin, Mary Pickford, Douglas Fairbanks et David W. Griffith) et tout ce qui a partout dans le monde sur Chaplin afin de les rassembler dans un même lieu. Il existe encore des documents fabuleux de part le monde. Par exemple, quelqu’un m’a envoyé une lettre rédigée par lady Chaplin pour la femme de Hans Eisler où elle lui raconte la sortie de Monsieur Verdoux à Los Angeles.

Charles Chaplin était un homme du monde qui avait énormément de relations et dont les descendants doivent détenir des documents privés inestimables.

Il y a de véritables trésors effectivement. Il existe des albums avec les coupures de presse tenus depuis 1918. Imaginer des classeurs énormes comme ça (Kate joint le geste à la parole mimant parfaitement l’ampleur des documents collectés.) Ils sont très fragiles, on ne sait pas comment les scanner. Vous avez pour chaque colonne une cinquantaine de coupures de presse empilées les unes sur les autres, et souvent ça dit la même chose sur un support papier qui se dégrade. C’est génial car c’est tout le XXème siècle que vous avez sous vos yeux.

Qu’en est-il du dernier film de Charles Chaplin La Comtesse de Hong Kong ?

Cela fait très longtemps que cela nous tracasse car ce film ne nous appartient pas. C’est le seul film (outres les premiers de la série Keystone) que Charles Chaplin n’a pas produit. Il est à Universal. Et depuis des années et des années j’essaye, à chaque fois, de le récupérer, et ce bien avant le projet avec MK2. En vain. J’ai essayé dans tous les sens, avec Universal en Grande-Bretagne, avec des avocats aux Etats-Unis. La réponse était toujours la même : c’est bloqué dans notre ordinateur. Moi je savais trsè bien pourquoi c’était bloqué dans leur ordinateur : Universal UK (Grande Bretagne) avait conclu un contrat d’exclusivité avec Universal USA qui était expiré. Point c’est tout. Ils s’en foutait en fait ! Jusqu’au jour où je reçois un mot griffonné à la main sous l’égide de leur avocat « oui nous avons établis que nous avons bien les droits. » Bon très bien, je lui réponds « Chouette ! Et maintenant comment fait-on pour récupérer les droits du film ? ». Je n’ai jamais eu de réponses depuis. Mais je sais que MK2 y travaille actuellement. Et je pense que MK2 va y arriver. Tant mieux.

XXXII Mostra Internazionale del Cinema Libero
IL CINEMA RITROVATO
Festival « Le Cinéma Retrouvé »
du 28 juin au 5 juillet 2003 à Bologne
ligne directe : +39 051 20 48 14 – cinetecamanifestazioni1 @comune.bologna.it
Coordination du festival : Guy Borlée tel : +39 051 20 48 13

Outre le rendez-vous avec Chaplin avec des séances spéciales sur les films restaurés chaque année depuis 1999 par la Cinémathèque (Le Cirque et Une vie de Chien) le festival rend un hommage à l’inventeur du Cinémascope Henri Chrétien avec la projection de La Robe d’Henry Koster (1953). L’année 1903 du cinéma sera à l’honneur avec la FIAF (Fédération Internationale des Archives du Films La Fédération Internationale des Archives du Film (FIAF) regroupe les institutions qui consacrent leurs activités à la sauvegarde des films, considérés tant comme des oeuvres d'art que comme des documents historiques. Fondée à Paris en 1938, la FIAF a pour but de conserver et de montrer les films, conjuguant les efforts des plus importantes archives du monde. Aujourd'hui, plus de 120 institutions situées dans plus 65 de pays récupèrent, restaurent et montrent des films et des documents relatifs à l'histoire du cinéma, de ses débuts jusqu'à nos jours. [www.fiafnet.org)

Jean Durand, Francesca Bertini, Werner Schroeter, Murnau, Nicholas Ray, Mankiewicz, Max Ophuls John Ford (Bucking Broadway une rareté de 1917 restaurée) Léonce Perret seront à l’honneur durant cette semaine riche d’évènements.

Nadia MEFLAH
Les "Portraits de Cinéastes" de Cadrage - Une collection dirigée par
Les images des films de C. Chaplin tournés à partir de 1917 sont la propriété Copyright © Roy Export Company Establishment. Used with permission