Sur
une période de 43 ans,
de 1914 à 1967, Charles Spencer
Chaplin a joué dans 80 films. Il
est apparu dans son propre rôle dans
5 films. Il a réalisé 56
courts-métrages et demi (Le Professeur
en 1919 fini et jamais diffusé)
et 10 longs-métrages. Il a produit
33 films dont un jamais diffusé et
le négatif fut brûlé devant
témoins.
Sur
les 80 films, deux sont sonores avec des
bruitages et seulement 5 sont parlants.
Sur ces 80 films, 2 courts-métrages
et 4 longs-métrages sont sans Charlot
dont le premier film de sa carrière.
Sa dernière réalisation La
Comtesse de Hong Kong est son unique film
en couleur Technicolor et Cinémascope.
Les
dates données pour les films
sont celles de leur premières sorties
aux Etats-Unis. Entre la réalisation
du film (d’un après-midi à huit
jours pour la Keystone, d’une à trois
semaines pour la Essanay, d’un à trois
mois pour la Mutual) et la sortie cinéma
des courts-métrages, il pouvait se
passer une semaine (Keystone) à un
ou deux mois (Mutual).
A
partir des productions United-Artists,
nous donnons les dates de réalisation
et celles de la sortie mondiale. Le titre
original est suivi du titre français
utilisé. Concernant la durée
des films courts, deux problèmes se
posent : celui des copie et de la cadence.
Jusqu’au parlant, les opérateurs,
avec leurs caméras à manivelles,
pouvaient varier les vitesses de 12 à 20
images secondes 20. Les premiers Charlot
auraient été tournés à 14
images seconde, ramenés à 12
lors des séquences de poursuite. Rolland
Totheroh l’opérateur attitré de
Chaplin : « Charlie me disait : Tournons ça
dans un 12 enlevé ». Pour la
vitesse de projection, elle aussi manuelle,
elle était soumise à différentes
cadences, au gré du projectionniste
qui « interprétait » ou
aux pressions du distributeur pour avoir
plus de séance en les projetant plus
rapidement…La vitesse moyenne était
probablement de 16 images seconde (avec des
exceptions pour Mécano de la « Général »de
Buster Keaton d’une cadence de 32 images
seconde ! ) Les projeter actuellement à 24
images seconde au cinéma, et à 25 à la
télévision relève du
désastre. En outre, les séries
Keystone, Essanay, Mutual, sous les mains
des divers ayants-droits peu scrupuleux,
ont eu à subir des coupures, rajouts,
mélanges des plans de différents
films quand ce n’est pas l’amputation
de scènes entières. Ajouté à cela
le format télévisuel qui ampute
le film de ses 4 bords du cadre (supérieur,
inférieur, droite, gauche), mutilant
le film à 25%. Où l’on
réalise à quel point le format
vidéo nous a difficilement aidé à apprécier
l’œuvre chaplinienne de ses premières
années. Il faut savoir que Chaplin
possédait les copyright de ses films
postérieurs à Une vie de chien, éditions
vidéos comprises. A partir des séries
de la First National, la cadence est de 23
ou 24 images seconde. La numérisation
a permis à la famille Chaplin, via
des partenaires institutionnels et privés
(Cinémathèques, CNC, Lobster
Film, ARTE, MK2) d’entreprendre depuis
quelque temps un travail considérable
de restauration des films antérieurs à Une
vie de Chien.
Il
faut saluer l’excellent travail
de David Shepard pour ARTE Vidéo et
de Lobster Films entrepris pour la Série
Essanay et Mutual (1915–1917) édité en
1999
En outre, depuis quelques années,
la famille Chaplin a confié à la
Cinémathèque de Bologne la
tâche complexe et délicate de
restaurer l'œuvre cinématographique
de Charles Chaplin, et ainsi a pu prendre
conscience du travail des laboratoires Immagine
Ritrovata.
La restauration image : la première étape
du traitement effectué chez DIGIMAGE
consiste à passer le film au digital
Vision, un logiciel qui peut agir à plusieurs
niveaux selon l'état de l'élément
d'origine et la demande, à savoir
: Antiscratch, qui permet d'éliminer
automatiquement les scratchs ou petits points
blancs ou noires, poussières ou petites égratignures
sur l'élément du film ; et
le Copier-Coller, qui consiste à retirer
par une sélection manuelle de zones étroites
les points ou tâches plus importants,
en allant chercher dans la zone désignée
le fond d'image dans l'image précédente.
Une
dernière étape d'intervention
consiste à passer par une Palette
Graphique, outil qui, via un crayon optique,
permet des retouches manuelles extrêmement
précises, image par image, des remplissages
de matière, ou de créations
de matière.